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Vendredi 23 décembre 2005
Le scandale s’étale dans tous vos journaux : le général Poncet, fidèle serviteur de l’Armée française est poursuivi pour complicité d’homicide volontaire... Ah je vois que certains d’entre vous ricanent. Un peu de compassion, bon sang ! Mettez-vous un instant à la place de ce pauvre général.

Tout petit, déjà, il voulait être bidasse. Moi je rêvais d’être Nicolas Hulot, d’autres savent très tôt qu’ils seront distributeurs de prospectus publicitaires, lui c’était bidasse. Il n’en démordait pas. « Quand je s’rai grand, j’tuerai plein d’gens ! » aurait-il déclaré vers l’âge de six ans, faisant preuve au passage d’un certain sens de la rime.

Un fois engagé, notre héros se révèle être LA recrue modèle. Son palmarès est, en effet, impressionnant :
  • Nettoyage de chiottes – 1er de la classe
  • Torture de suspect – 1er
  • Branlette dans les douches – 1er
  • Tir à la mitrailleuse lourde sur civils sans défense – 1er
  • Descente de Sidi Brahim 13° – 2ème (mais il avait une gastro le jour de l’examen)
  • Napalmisation de village indigène – Encore 1er
  • etc.
Après les classes, la vie active. Notre héros flingue à tout va des noirs, des jaunes, des basanés, et gravit quatre à quatre tous les échelons de la hiérarchie militaire. Et il y en a, des échelons! Sous-merde, raclure de chambrée, salopard d’adjudant, petit caporal de mes couilles, sergent à peine présentable à ma sœur, tiens le capitaine, bonjour mon colonel, mes respects mon général, général une étoile, deux étoiles, trois étoiles, quatre étoiles…! A ce niveau-là, évidemment, il ne flingue plus, Poncet. Il se contente de décrocher son téléphone pour dire «tiens, flinguez-moi untel» ou «rasez-moi ce bled pourri» ou même «roulez lentement» ce qui, dans un code à eux, signifie «butez-le ce macaque, si possible en l’étouffant avec un sac plastique, mais surtout dites pas que c’est moi qui vous ai dit de le faire hein?».

Bref, carrière brillantissime, la retraite dans deux ans… Et soudain, c’est le drame. Voilà qu’un juge malintentionné lui reproche d’être responsable de la mort d’un type. Oui, un seul type. Même pas célèbre. Même pas blanc. Alors là, il est estomaqué, le général. On lui reprocherait les massacres de Sabra et Chatilla ou les dégâts collatéraux de Bush, à la limite il comprendrait, ça aurait de la gueule. Mais vouloir le condamner à cause d’un seul petit macchabée, faut vraiment être vicieux.

Ses collègues, pareil : consternés. «On comprend pas… Erreur judiciaire genre Outreau puissance dix… Les juges ont trop de pouvoir… Poncet, c’est la crème des hommes… Le meilleur d’entre nous… Faire ça à un père de famille…»

Même l’Ivoirien, s’il pouvait parler, il dirait combien ce général est un irréprochable exemple pour la jeunesse. Manque de pot, il est mort, ce salaud. De toute façon, les négros, dès que tu leur demandes un petit service, y a plus personne.
par Sergent Popup publié dans : sergentpopup
 
 
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